La question qui revient le plus souvent quand on parle d'Islande, ce n'est pas « c'est beau ? » — tout le monde sait que c'est beau. C'est : « mais ça coûte combien, en vrai ? » Et là, les réponses qu'on trouve en ligne oscillent entre le vague absolu et le découragement pur. « L'Islande est l'un des pays les plus chers au monde. » Merci, on avait remarqué.
Ce qu'on ne vous dit pas, c'est qu'un budget voyage en Islande pour petit prix, c'est possible. Pas en dormant sous une tente dans un champ de lave en janvier, non. Mais en acceptant deux ou trois compromis que la plupart des gens refusent de faire, par confort ou par habitude. J'ai fait les deux extrêmes : une semaine à 180 € par jour, et une autre à 65 € par jour. La différence ne tenait pas au pays. Elle tenait à mes choix.
Points clés à retenir
- Le billet d'avion peut descendre à 200 € l'aller-retour depuis Paris en mai, hors vacances scolaires
- L'hébergement reste le premier poste de dépense — c'est là qu'il faut frapper en premier
- Louer une voiture coûte à partir de 100 € par jour pour une petite citadine, davantage en 4x4
- Le carburant tourne autour de 1,76 €/L pour le SP95 et 1,73 €/L pour le diesel
- Les activités phares (glacier, volcan, baleines, Blue Lagoon) se chiffrent vite à plusieurs centaines d'euros
- Hors juillet-août, tout baisse — parfois de moitié sur le logement
Budget Islande petit prix : combien prévoir vraiment ?
Une semaine en Islande pour une personne seule, en mode « je fais attention sans me priver », c'est entre 900 € et 1 400 €, vol inclus. En dessous, on tombe dans le camping sauvage et les pâtes au beurre. Au-dessus, on commence à se faire plaisir sur les excursions.
Le chiffre qui fait mal, ce n'est pas le total. C'est sa répartition.
Le billet d'avion : la variable la plus manipulable
Depuis Paris, on trouve des allers-retours vers Reykjavik à partir de 200 € en moyenne en mai. En pleine saison, comptez le double, parfois le triple si vous vous y prenez tard.
Les low-cost desservent l'Islande toute l'année, mais attention aux frais cachés : bagage en soute, choix du siège, et ce petit supplément qu'on découvre au moment de payer. Je me suis fait avoir une fois — un billet à 189 € qui a fini à 312 € avec une valise. Depuis, je voyage avec un sac cabine et un seul pull.
- Réservez 3 à 4 mois à l'avance pour la haute saison
- Visez le printemps (mai) ou l'automne (septembre-octobre)
- Partez un mardi ou un mercredi, pas un vendredi
- Évitez les vacances scolaires — toutes zones confondues
L'hébergement : le poste qui décide de tout
Là, tout se joue. Une chambre d'hôtel à Reykjavik en juillet peut dépasser 200 € la nuit. La même en auberge de jeunesse en octobre : 45 €.
Vous voyez le problème ? Et encore, Reykjavik n'est pas le pire. Sur la côte sud, certains guesthouses affichent des tarifs qui piquent les yeux en saison. Le camping, lui, change complètement la donne : 15 à 25 € par personne et par nuit selon l'équipement. Mais le camping sauvage est très encadré — renseignez-vous sur les zones autorisées avant de planter votre tente n'importe où.
Quelle est la période la moins chère pour aller en Islande ?
La réponse courte : hors juillet-août. La réponse utile : ça dépend de ce que vous cherchez.
La haute saison islandaise correspond aux mois d'été, quand le soleil ne se couche presque pas et que les routes intérieures ouvrent. Tout le monde veut y aller en même temps. Logique : les prix suivent.
| Saison | Prix logement | Avantages | Inconvénients |
|---|---|---|---|
| Juin-août | Maximum | Jours très longs, toutes routes ouvertes | Foule, tarifs élevés, réservations obligatoires |
| Mai et septembre | Modéré | Bon compromis, météo correcte, moins de monde | Certaines excursions fermées |
| Octobre-avril | Minimum | Aurores boréales, tarifs bas, villages tranquilles | Nuits longues, routes parfois coupées, froid intense |
L'automne et l'hiver ne sont pas des punitions. J'ai fait un séjour en novembre : 4 heures de jour seulement, mais des aurores boréales qui valaient à elles seules le déplacement, et des nuits d'auberge à moitié prix. Franchement, pour qui n'a pas peur du noir, c'est le meilleur rapport qualité-prix de l'année.
Combien coûte un voyage en Islande tout compris pour 10 jours ?
Dix jours, c'est le format idéal pour faire le tour de l'île par la route circulaire. Et c'est aussi là que le budget explose — ou se maîtrise.
Pour une personne, en mode économique mais réaliste :
- Vol : 200 à 350 €
- Location de voiture (10 jours) : à partir de 100 €/jour pour une petite voiture, soit environ 1 000 € — à diviser par le nombre de passagers
- Carburant : comptez le SP95 autour de 1,76 €/L ; le tour complet engloutit facilement 100 à 150 € de carburant
- Hébergement (9 nuits) : 400 à 900 € selon la saison et le type
- Nourriture : 300 à 500 € — moins si vous cuisinez en auberge
- Activités : de 0 € (randonnées gratuites) à plus de 400 € si vous empilez glacier, volcan et baleines
Total pour dix jours en solo : entre 2 000 € et 3 500 €. En couple ou à quatre, la voiture et le logement se partagent, et le coût par personne chute vite de 30 à 40 %.
Le détail des activités qui plombent le budget
Une randonnée sur un glacier, c'est environ 50 €. Une excursion volcanique peut grimper à 250 €. L'observation des baleines : 60 €. Le Blue Lagoon : 40 € minimum, et bien plus selon la formule choisie.
Faites le calcul. Trois activités et vous avez déjà dépassé le prix de votre billet d'avion. Ce n'est pas une raison pour tout zapper — certaines valent vraiment le coup. Mais choisissez. Sur dix jours, deux excursions bien choisies suffisent largement.
Comment aller en Islande pour pas cher ?
Il n'y a pas de secret magique. Il y a des décisions, prises tôt, et assumées jusqu'au bout.
Les leviers qui marchent vraiment
Voyager hors saison. C'est le levier numéro un. Un vol en mai coûte une fraction d'un vol en juillet, et une auberge en octobre ne ressemble pas du tout à une auberge en août.
Cuisiner soi-même. Un repas au restaurant en Islande, c'est vite 25-35 € par personne. Les supermarchés type Bonus (le cochon rose, vous le reconnaîtrez) permettent de tenir une journée à 15 €. Je fais mes courses tous les deux jours et je mange chaud le soir à l'auberge. Le petit-déjeuner à volonté inclus change aussi la donne.
Partager la voiture. Le poste transport est le plus facile à diviser. À deux, la location passe de 1 000 € à 500 € par personne. À quatre, c'est presque gratuit.
Choisir les randonnées gratuites. L'Islande regorge de sentiers accessibles sans guide ni permis. Les cascades, les plages de sable noir, les sources chaudes naturelles — rien à payer.
Faut-il forcément une voiture ?
Non, mais ça limite énormément. Sans voiture, vous dépendez des bus longue distance et des excursions organisées, souvent chères. Pour un séjour court centré sur Reykjavik, une voiture est inutile. Pour un tour de l'île, elle est quasiment obligatoire — et le partage des frais devient votre meilleure arme.
Peut-on payer en euros sur place ?
Mieux vaut vérifier le cours de la couronne islandaise avant de partir — il tourne autour de 122 ISK pour 1 €. La carte bancaire est acceptée partout, même pour un café. Gardez juste un peu de liquide pour les cas rares. Et surveillez les frais de change de votre banque : certains prélèvent 2 à 3 % sur chaque paiement hors zone euro.
Mon verdict honnête
L'Islande n'est pas un pays bon marché. Elle ne le sera jamais, et ce n'est pas une question de volonté — c'est une île volcanique de 390 000 habitants, où presque tout est importé. Mais « cher » et « inaccessible » sont deux choses différentes.
Le vrai piège, ce n'est pas le prix de la vie sur place. C'est la précipitation. Réserver en juin pour partir en juillet, vouloir tout voir en cinq jours, dormir à Reykjavik chaque nuit. Ce sont ces choix-là qui font exploser la facture, bien plus que le prix d'un café.
Je garde un souvenir précis d'un hiver : une auberge à 40 € la nuit, un bol de soupe, et vers 22 heures, un ciel qui s'est mis à danser au-dessus d'un champ gelé. Aucun billet de 250 € ne m'a jamais rien donné de comparable.
Alors, la question n'est peut-être pas « combien ça coûte ». C'est plutôt : à quel point êtes-vous prêt à lâcher le confort pour voir quelque chose que vous ne verrez nulle part ailleurs ? La réponse varie pour chacun. Mais elle ne dépend pas de votre budget. Elle dépend de ce que vous acceptez de ne pas avoir.